Le Conseil départemental des Hauts-de-Seine engage d’importants travaux d’aménagement de l’échangeur de la Manufacture de Sèvres pour améliorer la qualité de circulation aux abords du pont de Sèvres. Ces travaux comprennent l’élargissement du pont de Sèvres, la création d’un bassin à ciel ouvert au titre du Plan de Prévention des Risques Inondations et des terrassements de chaussée au niveau de la rue Troyon.
Dans ce cadre, le SEDIF doit dévier une canalisation existante en diamètre 800 se situant sur le tracé des nouveaux aménagements prévus par le Département tout en se coordonnant avec les autres concessionnaires de réseaux. En raison des contraintes du site, la nouvelle conduite à poser représente environ un linéaire total d’environ 410 mètres, sur trois zones de travaux :
- Pose de canalisation de diamètre 800 mm en béton armé à âme en tôle à joints soudés en tranchée classique sur environ 260 mètres, avec création d’un espace technique souterrain équipé d’un appareil de mesure du débit d’eau ;
- Modification d’installations rue Troyon avec démolition de l’ancien local technique abritant les vannes (robinets permettant d’ouvrir ou fermer l’arrivée d’eau) et remplacement par de nouveaux équipements enterrés ;
- Intervention du micro-tunnelier sur 115 mètres pour poser deux conduites de transport de l’eau potable en acier de diamètre 400 mm. Deux canalisations complémentaires en diamètre 800 mm de 35 mètres au total, réalisés en tranchée, feront la jonction avec les canalisations existantes. Et enfin côté Seine, 6 mètres de conduite en diamètre 800 mm seront fixés le long de la structure du pont de Sèvres pour se raccorder à la conduite existante.
Le micro-tunnelier, une technique sans tranchée qui limite les perturbations
Afin de réduire significativement les perturbations sur cette zone de 6 voies très empruntées quotidiennement par des milliers d’automobilistes et de Franciliens, le SEDIF a recours à une technique peu employée : le micro-tunnelier.
Cette machine, pilotée depuis la surface, creuse le sol en profondeur sans ouvrir la chaussée en surface. A Sèvres, le tunnelier va forer un tunnel de 115 mètres de longueur à 15 mètres sous terre, tout en installant sur son passage deux canalisations côte à côte de 400 mm de diamètre. Deux puits de 15 mètres de profondeur ont été creusés : c’est entre ces puits d’entrée et de sortie que la machine effectue son forage souterrain.
Cette technique fait partie des techniques dite « sans tranchées ». Celles-ci sont employées dans 16% des chantiers de renouvellement du SEDIF, avec l’ambition de porter ce taux à 20 % dans les années à venir.
Elles permettent de réaliser des travaux d’ampleur tout en garantissant deux engagements majeurs :
- aucune perturbation de la circulation automobile ;
- la poursuite de l’alimentation en eau potable des 60 000 habitants de Sèvres, Chaville et Viroflay
maintenue sans interruption.
À la veille de sa mise sous terre et en hommage aux mineurs de fond, le micro-tunnelier a été baptisé « Estelle ». Cette tradition visait à donner un prénom féminin aux machines avant de les envoyer sous terre, une façon de créer un lien avec ces engins dont dépendait la réussite du travail.
Un investissement continu pour renouveler et moderniser son réseau
Ce chantier, bien que rendu nécessaire par les travaux départementaux, s'inscrit également dans la stratégie globale et volontariste de renouvellement du patrimoine. En déplaçant ces canalisations aujourd'hui, le Syndicat anticipe leur renouvellement futur et modernise l'alimentation en eau potable sur le long terme.
Chaque année, le SEDIF consacre un budget conséquent au renouvellement de ses infrastructures. En 2025, environ 27 M€ ont été investis pour moderniser les conduites de transport et plus de 33 M€ pour la distribution, permettant ainsi le renouvellement entier de 41 kilomètres de canalisations.
Ces investissements portent leurs fruits puisque le réseau du SEDIF affiche un rendement de 91,6 % en 2024, l'un des meilleurs taux de France, très largement supérieur à la moyenne nationale d'environ 80 %. Concrètement, moins de 9 % de l'eau produite est perdue dans le réseau, contre 20 % en moyenne sur le territoire français.
D’ici 3 ans, l’objectif est d’augmenter ce rendement à 93% sur le territoire syndical.
Le SEDIF poursuit son effort d'innovation et de modernisation pour garantir une eau de qualité et une continuité de service public pour les 4 millions de Franciliens qu'il dessert.
