L’eau du SEDIF, 100 % fiable et bonne pour la santé

En 2022, 100 % des prélèvements réalisés pour la recherche bactériologique ou de substances toxiques ou indésirables se sont révélés conformes. Pour certaines substances, comme l’aluminium par exemple, la quantité résiduelle observée dans l’eau du SEDIF est très nettement inférieure à la référence de qualité (30 mg contre 200 mg tolérés par la règlementation).

L’eau du SEDIF, selon la nature des sols qu’elle a traversés avant d’être prélevée, est plus ou moins calcaire. Le calcaire correspond aux sels de calcium contenus dans l’eau, il est donc un apport nutritif pour l’organisme. Mais il laisse des traces sur les éviers et détériore les appareils ménagers. Autant de désagréments que le projet "Vers une eau pure" réduira considérablement.

Pour garantir cette qualité de l’eau, 400 000 contrôles sont réalisés chaque année. De nombreux paramètres sont vérifiés, avec une attention particulière pour certains.

Le chlore

Maintenu à très faible dose dans le réseau de distribution, le chlore prévient le développement des bactéries pendant le transport de l’eau, notamment quand les températures sont élevées. Le taux de chlore ne fait pas partie des paramètres réglementaires définissant la qualité de l’eau destinée à la consommation. Il est cependant recommandé « une absence d’odeur ou de saveur désagréable et pas de changement anormal » et de viser la valeur la plus faible possible, sans toutefois compromettre la désinfection.

Comme l’impératif sanitaire prévaut, la chloration peut être temporairement augmentée si les objectifs de protection microbiologique l’exigent. Le chlore injecté en usine a tendance à décroître au cours du transport de l’eau jusqu’aux points de distribution. Pour une couverture homogène, le SEDIF a réparti des installations de rechloration sur tout le réseau. Ce dispositif permet de trouver un compromis entre une bonne protection bactériologique et un « goût de chlore » limité.

Les nitrates

Les nitrates produits par les végétaux, les animaux et les hommes sont présents à l’état naturel dans les sols. Les activités humaines augmentent les apports au milieu naturel, entraînant un accroissement des concentrations dans les ressources en eau. Les dégradations actuelles résultent notamment de nombreuses années de fertilisation des sols mal maîtrisée. Les évolutions du cadre réglementaire et l’adoption de l’éco-conditionnalité des aides au niveau européen contraignent désormais les agriculteurs à améliorer leurs pratiques.

Pour l’eau potable, la réglementation fixe une limite de qualité pour protéger les populations les plus vulnérables. En effet, dans de rares cas, les nitrates ingérés se transforment en nitrites qui peuvent provoquer un empoisonnement aigu en limitant le transport de l’oxygène dans le sang.

Les pesticides

Insecticides, fongicides et désherbants sont des produits phytosanitaires qui contaminent les eaux de surface et souterraines mal protégées. Le Code de la santé publique fixe une limite de qualité pour chaque pesticide recherché et pour leur somme. La première correspond aux limites de détection des méthodes d’analyse disponibles dans les années 1970. Elle est ainsi jusqu’à 1 000 fois plus faible que la recommandation de l’organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’atrazine.

L’élimination des pesticides dans le processus de traitement de l’eau s’appuie essentiellement sur le recours au charbon actif en poudre et en grains et, à Méry-sur-Oise, sur la nanofiltration.

L'aluminium

L’aluminium est l’un des constituants majeurs de l’écorce terrestre. Presque toutes les eaux en contiennent naturellement en quantité variable. Des sels d’aluminium sont utilisés dans le traitement de l’eau pour leur grande capacité à éliminer les matières en suspension d’origine minérale ou organique présentes dans les ressources. Les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas de conclure à une toxicité de l’aluminium dans l’eau. La référence de qualité n’est pas déterminée par rapport à un risque sanitaire mais sert à mesurer l’efficacité des traitements.

Les conditions d’exploitation très strictes appliquées sur les filières du SEDIF permettent de maintenir des concentrations très faibles, très inférieures aux seuils réglementaires et aux recommandations de l’OMS encore plus strictes.

Les indicateurs radiologiques

Le Bassin parisien ne présente pas une activité radiologique naturelle importante. Le suivi régulier des indicateurs de radioactivité montre des valeurs très faibles.

La qualité radiologique des eaux destinées à la consommation humaine est suivie par 4 indicateurs réglementaires :

  • les activités alpha globale et bêta globale résiduelle servent à orienter la stratégie d’analyse ;
  • l’activité en tritium et la dose totale indicative (DTI) sont des références de qualité.

La présence de tritium dans l’environnement est surtout attribuable aux activités humaines. Bien que l’OMS fixe une activité maximale admissible de 10 000 becquerels/litre (Bq/L), les instances européennes ont porté cette limite à un niveau très inférieur (100 Bq/L), afin de limiter les rejets en tritium de l’industrie électronucléaire. Depuis que le suivi est mis en œuvre, aucun dépassement n’a jamais été enregistré.

Le SEDIF s’est équipé d’une balise de mesure de la radioactivité en continu, pour détecter une éventuelle contamination de la Seine, puisqu’un centre nucléaire de production d’électricité est implanté à Nogent-sur-Seine. Celle-ci n’a jamais mis en évidence une activité radiologique inhabituelle. L’eau et l’alimentation contribuent très faiblement à l’exposition des populations aux rayonnements ionisants, principalement due à la radioactivité naturelle et aux expositions médicales.

La dureté

Le Bassin parisien est un bassin très majoritairement calcaire. La plupart des eaux qui y sont puisées sont dures ou très dures. La dureté de l’eau est liée à la nature géologique des sols traversés et varie au cours de l’année sous l’effet de l’activité biogéochimique. Les traitements de potabilisation peuvent également influer. La réglementation ne fixe pas de seuil. Toutes les eaux contiennent du calcium à des concentrations très différentes. Une eau dure participe à l’apport en calcium nécessaire à notre organisme, mais une eau très dure laisse des dépôts dans les installations sanitaires et sur les ustensiles.

Le fluor et autres composés minéraux

Le sodium se retrouve dans tous les types d’eaux à des teneurs variables. C’est un élément vital pour l’organisme : un adulte doit en absorber environ 3 g/j.

Le potassium joue un rôle dans la transmission de l’influx nerveux. Il n’y a plus de valeur réglementaire pour ce paramètre. Les teneurs en sulfates dans l’eau sont très variables ; elles ne dépassent généralement pas 1 g/l, sauf pour certaines eaux minérales pouvant contenir jusqu’à 1,2 g/l. Les sulfates ne sont pas toxiques, même s’ils peuvent produire un léger effet purgatif à de fortes doses (1 à 2 g/l).

Les chlorures sont l’un des minéraux majeurs de notre alimentation. Un adulte doit en ingérer environ 600 mg/j. Même à de fortes concentrations dans l’eau, ils n’ont aucun effet sur la santé.

Le fluor est un élément essentiel pour une dentition saine. En excès, il peut toutefois provoquer des altérations dentaires. Ce risque est exclu pour les eaux du SEDIF, dont les concentrations restent bien inférieures au seuil réglementaire.

Polluants émergents : un défi sanitaire à relever

Résidus de pesticides ou de médicaments, perturbateurs endocriniens : certaines substances détectées dans les ressources, même à des taux très faibles, préoccupent les autorités et mobilisent les chercheurs afin d’en établir les effets sur la santé humaine. Avec ses propres moyens d’études, le SEDIF anticipe ces risques et envisage d’investir pour renforcer ses traitements avec une étape supplémentaire de filtration membranaire.