Le SEDIF réaffirme son engagement pour la santé & la solidarité territoriale

Dernière mise à jour :  jeudi 18 juin 2026

Le Syndicat prend acte de l'avis défavorable voté le 16 juin 2026 par Plaine Commune concernant le projet de Filtration Membranaire Haute Performance (FMHP). Cette prise de position s'accompagne d'une volonté de la ville de Saint-Denis et de l’Établissement Public Territorial (EPT) de quitter le SEDIF pour fonder une régie publique. Soucieux d'un débat serein et factuel, le SEDIF souhaite clarifier d'une part la pertinence de son projet industriel, et d'autre part la réalité des contraintes liées à un changement de mode de gestion.

Le projet industriel FMHP : un bouclier sanitaire et un levier de pouvoir d'achat pour les usagers

Le premier volet du débat concerne la technique de filtration choisie. Pour le SEDIF, il ne s'agit pas d'un simple choix technologique, mais d'une réponse d'urgence aux enjeux de santé environnementale.

  • Une protection de santé publique : le projet vise à distribuer une eau pure, débarrassée à plus de 90 % des PFAS (polluants éternels), des résidus médicamenteux et des perturbateurs endocriniens. L'objectif est de « sortir l’usager de la boucle » des polluants. Actuellement, les usagers ingèrent ces substances qui retournent ensuite au milieu naturel via les stations d'épuration non équipées. Le SEDIF agit ainsi comme une barrière protectrice.
  • Un gain net de pouvoir d'achat : si l'évolution tarifaire est estimée à 4 € HT par mois et par foyer d'ici 2032 (soit le prix de trois packs d'eau en bouteille), elle est un investissement rentable. L'eau adoucie permet une économie réelle de 50 € à 100 € par an par foyer grâce à la baisse de consommation d'énergie (moins d'entartrage) et à l'allongement de la durée de vie des équipements ménagers.
  • Une vision écologique globale : si l'usine consomme davantage d'électricité sur site, le projet permet d'éviter l’émission de 100 000 à 130 000 tonnes d’équivalent CO2 par an à l'échelle du territoire grâce aux économies domestiques (énergie et produits d'entretien). Concernant les rejets en rivière, les études de modélisation montrent qu'il n'y a aucun impact sur le milieu naturel car l'usine ne crée pas de pollution mais restitue ce qu'elle a prélevé après filtration.
     

Gouvernance et gestion publique : la réalité des coûts et les contraintes juridiques d'un retrait

Le Président Richard Dell’Agnola réaffirme la position du Syndicat face aux velléités de retrait :

« Il faut être très clair : on ne quitte pas le SEDIF comme on change d’opérateur Internet. Juridiquement, Plaine Commune ne sortira pas car nous nous opposerons fermement à toute décision qui fragiliserait la solidarité entre nos 133 communes adhérentes. Le projet de régie publique qu’on nous présente aujourd'hui est un faux-semblant, un pur trompe-l’œil idéologique. Le SEDIF n'est pas un système à la carte, c'est un bouclier sanitaire et social collectif que nous défendrons sans concession. »

  • L’illusion de l’autonomie technique : la création d'une régie sans capacité de production (usines, captages) limite son rôle à celui d'un simple intermédiaire. Une telle entité est structurellement contrainte de s’approvisionner « en gros » auprès des producteurs historiques, dont le SEDIF, à des tarifs souvent moins avantageux que ceux du système mutualisé actuel.
  • Une dépendance hydraulique persistante : l'indépendance affichée est souvent un mirage technique. Des territoires comme Est Ensemble (qui achète toujours 70 % de son eau au SEDIF) ou les communes de Grand Orly Seine Bièvre (par exemple, Villejuif, Athis-Mons) restent alimentés par les usines du Syndicat car ils ne produisent aucune eau.
  • Un cadre juridique strict et coûteux : le retrait d’un adhérent n’est ni automatique, ni acquis. Il nécessite un rapport d'incidence, l'accord du Comité du SEDIF et l'aval d'une majorité qualifiée des 133 communes adhérentes (dont le silence vaut refus). Enfin, la partition physique des réseaux interconnectés représenterait un coût colossal — évalué à 66 millions d’euros pour un territoire similaire — au détriment direct des deniers publics.

Le SEDIF reste le seul garant d'un service public de l'eau mutualisé et solidaire, assurant la plus haute sécurité sanitaire à ses 4 millions d'usagers.