La sectorisation du réseau

Contexte :

Avec près de 8 700 km de conduites, le réseau du SEDIF, le plus grand service public d’eau en France, est très long et très maillé.
Pour qualifier la performance d’un réseau, le rendement est l’indicateur de référence.
Le rendement est le rapport entre le volume d'eau consommé à la fois par les usagers (particuliers, industriels et par le service de l’eau pour la gestion du dispositif d'eau potable), et le volume d'eau potable d'eau introduit dans le réseau de distribution.

Moins il y a de fuites, moins le réseau perd d’eau et plus le rendement est élevé. De fait, maitriser le rendement du réseau permet de diminuer les prélèvements dans les ressources en eau.
En zone urbaine, la loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010 fixe un seuil minimal de 85% de rendement. Avec un rendement de 88,76% en 2018, le SEDIF se situe parmi les services publics d’eau les plus performants en France.
Le SEDIF souhaite poursuivre cette progression. En effet, en 2018, le volume total de pertes se situe à 32 Mm3/an, dont 29 Mm3/an pour les fuites sur le réseau, soit environ 7700 piscines olympiques.
En améliorant son rendement jusqu’à 90%, 6 Mm3 de pertes par an seraient réduites.
Pour atteindre et maintenir cet objectif de rendement de haut niveau, le SEDIF, en complément de l’action de son Délégataire (chargé de rechercher et de réparer les fuites), va déployer la sectorisation de son réseau.

Le principe de sectorisation :

La sectorisation consiste à instrumenter et à cloisonner le réseau pour créer des secteurs sur lesquels les volumes entrants, sortants et mis en distribution sont mesurés en continu grâce à des débitmètres.
Le suivi et l’analyse des données issues de la sectorisation et de la télérelève, permettent alors d’identifier les pertes sur chacun des secteurs et de prioriser ainsi les actions d’exploitation comme les recherches de fuites non visibles.

Schéma du principe
Schéma du principe

Le fonctionnement actuel du réseau :

Le réseau du SEDIF est organisé sur trois niveaux d’élévation, délimités principalement par les usines principales, du fait des différences d’altitude sur son territoire.
Ces 3 zones sont très étendues car elles concentrent à elles seules 60% du réseau du SEDIF, soit plus de 5 000 km de réseau. Leur grande taille rend impossible l’analyse des volumes mis en distribution et le suivi des débits de nuit.

La nature des travaux à réaliser :

Afin de mieux suivre les débits, les travaux de sectorisation ont pour objectif de découper ces 3 zones en une cinquantaine de secteurs.

Le SEDIF va lancer 180 chantiers sur son territoire consistant principalement à poser des débitmètres performants à des endroits stratégiques du réseau.
Du terrassement sera nécessaire car les débitmètres seront localisés dans des regards ou, pour les plus gros diamètres, dans des chambres maçonnées enterrées. En raison de l’encombrement du sous-sol il pourra être nécessaire de modifier les réseaux des concessionnaires existants, dans le périmètre immédiat des travaux.
Des travaux complémentaires d’électricité et de câblage permettront à ces appareils de transmettre les données mesurées afin qu’elles soient analysées.
Pour certains secteurs, une réduction de pression pourra être réalisée en fonction des caractéristiques hydrauliques de ces zones, dans une démarche de diminution des pertes, rendue possible grâce à la pose de vannes de régulation de pression.

Plan de sectorisation final
Plan de sectorisation final

Des travaux planifiés dans le respect des villes et des usagers

Le SEDIF et son maître d’œuvre présenteront chaque projet aux communes concernées. Les villes seront associées afin de définir les aménagements de circulation et les contraintes d’intervention avant le démarrage des chantiers.
Pour chaque opération, une information aux riverains sera prévue selon la nature des travaux et la situation de l’ouvrage.
Pour les ouvrages dont les accès se situent sur terrains privés ou dans des installations de concessionnaires voisins, les demandes d’autorisations seront formulées aux propriétaires et l’information sera faite dans le cadre de la coordination des interventions avec l’exploitant.

En cas d’opérations de raccordement, le délégataire du SEDIF préviendra préalablement les abonnés des coupures d’eau survenant à cet effet.

  • Budget : 20 000 000 € H.T.
  • Calendrier : Les travaux seront réalisés entre 2019 et 2023
  • La localisation des opérations planifiées et réalisées : https://www.sedif.com/travaux.aspx