R&D : le SEDIF innove pour ses 4 millions d’usagers

Pour offrir à ses usagers une eau de qualité toujours irréprochable au meilleur coût, le SEDIF fait constamment évoluer son patrimoine industriel en utilisant des technologies innovantes. Il consacre à la recherche et développement – connu sous le sigle de R&D – entre 0.6 et 1% du budget consolidé du service public de l’eau. En 2020, cela représente une enveloppe de près de 3,5 millions d’euros.

L’activité de R&D comprend :

  • des études et le développement d’outils d’aide à la décision lancés par le SEDIF faisant appel aux compétences de laboratoires d’universités, d’organismes de recherche, ou de bureaux d’études spécialisés ;
  • des études réalisées par le délégataire du SEDIF, sous son pilotage.

Les 3 centres d’essais des usines de Choisy-le-Roi, Neuilly-sur-Marne et Méry-sur-Oise sont mis à disposition des équipes de l’opérateur pour la réalisation de ce programme d’études et de recherches. Il s’articule autour de 4 axes majeurs :

  • 1. la maitrise du risque sanitaire
  • 2. le traitement de l’eau
  • 3. l’amélioration de la détection
  • 4. l’exploitation du réseau du SEDIF long de plus de 8 000 km

La maîtrise du risque sanitaire passe toujours par une meilleure connaissance des dangers présents dans les ressources et l’évaluation des performances des installations de production et de traitement pour les éliminer, les réduire ou les maîtriser. Concrètement, cela se traduit par le suivi de micro-organismes et de micropolluants potentiellement présents dans les ressources et la surveillance de nouveaux paramètres inscrits dans les règlementations sanitaire et environnementale. Ces données constituent un pilier de l’évaluation des risques sanitaires, constamment mise à jour pour les installations du SEDIF ;

Dans la même optique, le Syndicat poursuit en 2022 son partenariat avec le PIREN-Seine - https://www.piren-seine.fr - pour mieux comprendre les impacts des évolutions des activités humaines et du changement climatique sur les milieux aquatiques du bassin de la Seine et notamment pour la quantité et la qualité de l’eau.

Etudes techniques R&D 1

Sur la question des microplastiques – au cœur de l’actualité ces derniers mois - le SEDIF a lancé une étude avec l’Université Paris-Est Créteil (UPEC) pour évaluer si les particules de microplastiques mesurées dans les ressources sont présentes dans ses eaux produites, et apprécier les performances des filières.

Enfin, les bouées SWARM, bouées autonomes et communicantes permettant de suivre plusieurs paramètres de la qualité de l’eau, expérimentées en 2018, vont faire l’objet d’un redéploiement en 2022 afin de réaliser un suivi de certains points sensibles.

Le 2e axe majeur de la R&D est la traitabilité. Ainsi, dans le cadre de l’opération de rénovations des filtres à sables de l’usine de Choisy-le-Roi, les performances d’un nouveau matériau filtrant, « la Filtralite® » constituée d’argile expansée en lieu et place du matériau filtrant classique, le sable, ont actuellement en phase de test sur un filtre pilote.

Le 3e axe ambitionne d’améliorer la détection de certaines bactéries. En effet, dans l’optique d’une distribution d’eau sans chlore, il est primordial de disposer d’outils capables d’anticiper toute dégradation de la qualité de l’eau. De nouveaux appareils vont être testés cette année. Par ailleurs, le SEDIF a déjà consacré de nombreuses études à la matière organique car c’est un paramètre clé pour le pilotage des installations de production d’eau potable. C’est une des variables qui conditionnent le développement bactérien, et certaines techniques analytiques restent à affiner.

Enfin, le dernier item de la R&D intègre l’exploitation du réseau et de sa performance, définie selon trois critères :

  • la limitation des pertes pour maintenir le taux de rendement du SEDIF égal à 90,4% en 2021 à un niveau élevé ;
  • la limitation des interruptions dues aux casses ;
  • la maitrise de la qualité de l’eau distribuée.

Les nouveaux outils numériques et les algorithmes, qui permettent de développer des outils d’aide à l’exploitation et à la décision, sont au cœur des nouveaux projets de développements et de tests, qui couplés à de la modélisation participent à l’optimisation de l’exploitation et permettent de mieux anticiper les conséquences d’événements exceptionnels (pollutions, crues, sècheresse…).

Parmi les projets terminés et/ou en cours :

  • le déploiement de la télérelève pour suivre la consommation des usagers
  • l’opération de maintenance prédictive du réseau du SEDIF au mètre près, sans interrompre la distribution d’eau grâce aux technologies PipeDiver® et SmartBall®, développées par Pure Technologies, entreprise du Groupe Xylem. Cette expérimentation était une première en France.
  • la poursuite de la sectorisation du réseau, sous maitrise d’ouvrage publique du SEDIF
  • le lancement d’études de gestion patrimoniale réseau dont le projet mené avec la société ALTEREO - https://altereo.fr/ - qui développe, à partir de données patrimoniales intégrant les conduites et branchements , un outil combinant des algorithmes et des méthodes de « fouilles de données », conduisant à définir des familles de canalisations à comportements à risques, qui pourraient être utilisées pour établir les programmes de renouvellement de conduites de distribution.
  • La convention de recherche avec Suez Eau France pour l’étude de l’optimisation du plan de déploiement de capteurs de pression à haute fréquence pour les réseaux d’eaux. L’analyse des données acquises sur 60 sites expérimentaux répartis sur 10 communes du territoire doit permettre d’évaluer l’impact des variations de pression sur l’état des conduites et d’optimiser les investissements pour collecter les informations utiles aux objectifs poursuivis (gestion patrimoniale, surveillance du réseau, amélioration de la performance).

Le Smart SEDIF, en bref

Le plan pluriannuel d’investissement 2022-2031 repose sur la volonté du SEDIF de développer sa vision Smart du service, c’est-à-dire, sa capacité à utiliser les nombreuses données issues des nouvelles technologies de l’information et de la communication, afin de gérer et optimiser en continu le service et de le rendre plus agile.

Afin d’adapter et de développer le système d’information (SI) du service public de l’eau en fonction des besoins futurs, des évolutions technologiques et des enjeux réglementaires, les opérations prévues sont entre autres :

  • le déploiement du BIM (Building Information Modeling) pour la gestion intégrée de tous les ouvrages du SEDIF pendant tout leur cycle de vie
  • le passage du SIG en classe A (conduites & branchements) et le développement de la réalité augmentée (3D) ;
  • le développement de l’open data afin de rendre accessibles les données publiques du service de l’eau dans le respect de leur nature ;
  • la refonte des outils de gestion à destination de tous les types de consommateurs (portail web et mobile, outils d’analyse et d’exploitation des informations) et le développement d’une relation citoyenne large (politique digitale du SEDIF, refonte des outils de communication) ;
  • la refonte des systèmes de conduite des installations et des unités avec le renouvellement et la standardisation de l’ensemble du parc des 600 automates et le développement du jumeau numérique des installations.
Etudes techniques R&D 2

Le SEDIF à l’origine d’un comité d’experts « Eau sans chlore »

La distribution d’une eau sans chlore est une démarche novatrice en France ! Pour relever ce défi, le SEDIF a mis en place un comité d’experts « Eau sans chlore » regroupant des universitaires français et étrangers, des maîtres d’ouvrages pratiquant l’eau sans chlore (Grenoble et Waternet aux Pays-Bas) et des institutionnels français (DGS, ARS, AESN). Le rôle de ce comité repose sur le partage des connaissances et des expériences pour définir les conditions nécessaires à la distribution d’une eau sans chlore. La dernière réunion a été organisée en novembre 2021, au siège du SEDIF.

La rencontre a permis de proposer les bases d’une méthodologie pour la détermination des zones les plus sensibles du réseau de distribution en termes de risque de contamination, mais aussi pour l’élaboration de programmes de surveillance de la qualité bactériologique de l’eau, à intégrer dans un système d’alerte. Les experts ont également donné leur avis sur les programmes d’essais et de recherche en cours de réflexion au SEDIF, qui leur ont été présentés.

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