Analyse du prix de l'eau

Analyse du coût du Service Public de l'eau : montrer à quoi sert chaque centime payé par l'usager sur la part SEDIF (36%) de la facture

La décomposition analytique du prix payé par l’usager pour la partie distribution d’eau potable (à l’exclusion des taxes et coûts d’assainissement) n’est pas lisible directement à partir des comptes du service de l’eau et demande un travail d’analyse complémentaire complexe, pour répartir les charges du service, soit par nature (dépenses de personnel, achats, etc.), soit par fonction opérationnelle (production, distribution, etc.).

Par ailleurs, des options de répartition doivent être prises pour illustrer le plus fidèlement possible la composition du prix en fonction du découpage souhaité.

L’analyse présentée ci-dessous porte sur le prix de revient consolidé du service de l’eau potable, sur la base des comptes clos et contrôlés du SEDIF et de son délégataire, ce qui explique que les chiffres présentés ici sont des données 2009.

Ressources financières :

Les 174,6 cts (1,75 €) pour 1 000 litres d’eau payés par l’usager en 2009 constituent la principale source de financement du service. À cela, s’ajoute le recours à l’emprunt, dont le montant net (solde entre les nouveaux emprunts et les remboursements de capital sur les emprunts contractés les années précédentes) représente un financement complémentaire de 5,9 cts pour 1 000 litres d’eau.

L’ensemble de ces ressources couvre différentes natures de charges (décomposition par nature), pour assurer toutes les étapes nécessaires à la gestion du service de l’eau (décomposition fonctionnelle).

Le prix de 174,6 cts (1,75 €) utilisé ici en référence est le prix moyen constaté en 2009 pour une consommation standard de 120 m3.

Décomposition fonctionnelle :

  • 42,4 cts sont nécessaires pour couvrir le coût moyen(1) de production du SEDIF ainsi que les coûts de secours (usines secondaires et achats d’eau) ;
  • les 21,4 cts consacrés au stockage et à la reprise couvrent la conduite de l’eau des usines jusqu’aux réservoirs du SEDIF ;
  • 66,6 cts sont nécessaires pour gérer et entretenir le réseau de distribution jusqu’au robinet du consommateur ;
  • la gestion des abonnés et les frais d’administration et de gestion du service représentent respectivement 10,9 et 13,9 cts ;
  • les actions en matière de recherche et développement, de communication et de solidarité représentent environ 4,9 cts ;
  • 17,3 cts rémunèrent le délégataire ;
  • les 3,1 cts d’autres dépenses correspondent principalement aux frais généraux et de siège du délégataire.

(1) Ainsi la filière membranaire de Méry-sur-Oise entraîne-t-elle un coût complémentaire par rapport à Choisy-le-Roi et Neuilly-sur-Marne.

Décomposition par nature de charges :

Les 116,1 cts/m3 de charges d’exploitation sont couverts intégralement par le prix de l’eau.

93,0 cts de charges d’exploitation du délégataire :
– le premier poste concerne les frais de personnel du délégataire (34,0 cts). Ainsi, l’exploitation du service de l’eau est-elle assurée par environ 1 000 personnes chez le délégataire ;
– les frais d’entretien (30,8 cts) représentent un montant de 73,8 millions d’euros pour un patrimoine dont la valeur brute est de 4 milliards d’euros, soit un ratio entretien de 1,8 % de la valeur d’achat ;
– les autres postes (pour un montant de 28,2 cts) comprennent notamment l’électricité, les produits de traitement, les frais généraux et de siège.

les 17,3 cts de rémunération du délégataire représentent moins de 10 % du prix facturé à l’usager;

le coût complet de la structure du SEDIF en tant qu’organe de pilotage du service reste très mesuré : 5,8 cts.

Les 64,4 cts/m3 de coût net des investissements sont couverts par le prix de l’eau à hauteur de 58,5 cts et par emprunts (banques et AESN) pour 5,9 cts.

53,5 cts concernent des opérations de renouvellement :
– 15,2 cts pour les branchements en plomb, représentant effectivement la surcharge moyenne supportée par le service pendant les 12 années touchées par cette opération ;
– 38,3 cts pour les autres opérations de renouvellement.

10,3 cts correspondent aux nouveaux investissements de modernisation, extensions du patrimoine (nets des subventions de l’AESN) ;

0,6 cts sont des frais financiers (réduits grâce à une dette bénéficiant de conditions avantageuses).